à la personne qui rime avec indélibile
Depuis mon déménagement pour la énième fois, il y a un an de cela. En fait, j’avais l’impression d’être un gitan. Je n’ai jamais eu mon chez-moi. Je restais en moyenne deux ans au même endroit, pas assez longtemps pour pouvoir accrocher un « HOME SWEET HOME » à l’entrée. Cela a commencé dés ma venu sur terre, 9 mois dans l’utérus de ma mère. Et au moment où je me la coulais douce. Je commençais à m’habituer, à ce petit nid douillet. On m’a obligé de sortir, mes deux grandes sœurs avaient besoin de leur petit frère.
J’étais un sans domicile fixe. Et le pire dans tout cela, c’est que j’ai continué
après avoir quitté le cocon familial. J’avais repris le relais et pas qu’un seul. Cela a eu un effet boule de neige, les objets et les souvenirs s’accumulaient après chaque escale. À chaque fois,
il me fallait un endroit encore plus grand. Par contre pour l’amitié, c’était l’inverse, un effet pelote de laine. Plus le temps passe, plus le nombre d’amis diminue. Le temps que je disposais
n’était pas suffisant pour créer des liens.
Retour dans mon propre débarras transitoire, où je cherchais un sac rempli de câbles
ou communément appelé « des fils ». Abandonnés jusqu’au jour où ils seront utiles.
Les fils étaient là, entrelacés, entremêlés, vrillés. C’est comme si, au fil des mois, ils ont pris vie, en se mouvant et s’ondulant entre eux. Ça devait être au début du printemps, pendant le mois d’avril, là où il ne faut point se découvrir d’un fil. En mai, ils ne se sont pas arrêtés.
Toujours enchevêtrés les uns aux autres. Les liens se sont créés. Des regards sont échangés par hasard. L’ambiance est électrique, le courant est passé entre deux fils et soudain, c’est le coup de fil. Il commence à s’attacher à elle. Il a un nœud au ventre, peur qu’elle lui file entre les doigts. Il se faufile à sa recherche afin d’éviter de la perdre à jamais. Car il sait que tout cela ne se tient qu’un fil.
Il y avait de tout dans ce monde xénophile, des cinéphiles débattant des derniers films. Des francophiles bavards qui perdent souvent le fil de leur discussion. Des anglophiles s’exprimant avec des « i feel nice » par-ci et des « i feel bad » par-là. Des haltérophiles qui donnaient du fil à retordre à tout le monde. Des philosophes perdus dans le fil de leurs pensées. Des philanthropes riches grâce à leur invention « le fil à couper le beurre », mettaient ce beurre coupé, dans les épinards des fils au bout du rouleau. Et enfin, un orchestre philharmonique jouait d’une façon idyllique.
J’ai finalement trouvé ce que je voulais. Mais de fil en aiguille, mes sentiments se sont emmêlés. Partie loin, elle file, me laissant seul au bout du fil...
Philippe…euh non désolé, Marc.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

