Mercredi 4 novembre 2009

  à la personne qui rime avec indélibile


 



Depuis mon déménagement pour la énième fois, il y a un an de cela. En fait, j’avais l’impression d’être un gitan. Je n’ai jamais eu mon chez-moi. Je restais en moyenne deux ans au même endroit, pas assez longtemps pour pouvoir accrocher un « HOME SWEET HOME » à l’entrée. Cela a commencé dés ma venu sur terre, 9 mois dans l’utérus de ma mère. Et au moment où je me la coulais douce. Je commençais à m’habituer, à ce petit nid douillet. On m’a obligé de sortir, mes deux grandes sœurs avaient besoin de leur petit frère.

J’étais un sans domicile fixe. Et le pire dans tout cela, c’est que j’ai continué après avoir quitté le cocon familial. J’avais repris le relais et pas qu’un seul. Cela a eu un effet boule de neige, les objets et les souvenirs s’accumulaient après chaque escale. À chaque fois, il me fallait un endroit encore plus grand. Par contre pour l’amitié, c’était l’inverse, un effet pelote de laine. Plus le temps passe, plus le nombre d’amis diminue. Le temps que je disposais n’était pas suffisant pour créer des liens.

Retour dans mon propre débarras transitoire, où je cherchais un sac rempli de câbles ou communément appelé « des fils ». Abandonnés jusqu’au jour où ils seront utiles.

Les fils étaient là, entrelacés, entremêlés, vrillés. C’est comme si, au fil des mois, ils ont pris vie, en se mouvant et s’ondulant entre eux. Ça devait être au début du printemps, pendant le mois d’avril, là où il ne faut point se découvrir d’un fil. En mai, ils ne se sont pas arrêtés.

Toujours enchevêtrés les uns aux autres. Les liens se sont créés. Des regards sont échangés par hasard. L’ambiance est électrique, le courant est passé entre deux fils et soudain, c’est le coup de fil. Il commence à s’attacher à elle. Il a un nœud au ventre, peur qu’elle lui file entre les doigts. Il se faufile à sa recherche afin d’éviter de la perdre à jamais. Car il sait que tout cela ne se tient qu’un fil.

Il y avait de tout dans ce monde xénophile, des cinéphiles débattant des derniers films. Des francophiles bavards qui perdent souvent le fil de leur discussion. Des anglophiles s’exprimant avec des « i feel nice » par-ci et des « i feel bad » par-là. Des haltérophiles qui donnaient du fil à retordre à tout le monde. Des philosophes perdus dans le fil de leurs pensées. Des philanthropes riches grâce à leur invention « le fil à couper le beurre », mettaient ce beurre coupé, dans les épinards des fils au bout du rouleau. Et enfin, un orchestre philharmonique jouait d’une façon idyllique.


J’ai finalement trouvé ce que je voulais. Mais de fil en aiguille, mes sentiments se sont emmêlés. Partie loin, elle file, me laissant seul au bout du fil...

 

   

 

Philippe…euh non désolé, Marc.

 


Par Marc - Publié dans : Nouvelles - Communauté : parlons d'amour
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Jeudi 24 septembre 2009


Je l’attends impatiemment sur le quai, avec un paquet de marshmallow dans les mains. Elle est folle de ces bonbons-là que ça m’arrive d’en être jaloux. Mais comme je suis fou d’elle, je me sens obligé de lui faire plaisir. Elle descend du train et mon cœur fait un bond. Toujours aussi belle. Plus le temps passe, plus elle embellit.

Le rêve de tout grand sommelier. Pouvoir se délecter d’un bon vin, meilleur chaque jour, sans déboucher une autre bouteille. Cela ressemble un peu à des paroles d’alcoolo et c’est le cas. Dès qu’elle me chante ses phrases, je bois ses paroles. Cela m’arrive qu’elle me saoule, mais je suis souvent enivré par son charme.

Je l’enlace pour revenir à la réalité et je la tire par la main vers le métro. Aucun mot ne s’est avisé à se montrer. Cela nous arrivait à chaque fois qu’on se retrouvait. On avait le souffle coupé. En apnée pendant tout le trajet. Plus besoin de se parler. Les regards qui s’échangent, les sourires qui s’affichent, les visages qui clignotent en rouge. Chacun de nous, essayait d’envoyer des messages à l’autre par télépathie. Alors, je fais semblant de comprendre ce qu’elle me dit en acquiesçant la tête. Elle hoche la tête à son tour. Je me mets à rigoler et elle aussi. Cela me fait tellement  de bien qu’elle soit là prés de moi.   

On arrive enfin devant mon nouveau chez moi. Et je fais la bêtise, de l’a laissé passer avant moi. Elle a cette mauvaise manie, de sonner chez les gens et de s’enfuir. Ça doit être une maladie rare, dans le même type que la cleptomanie, pyromanie ou sonnomanie. Cela ne me dérange pas qu’elle ait une manie, mais j’aurai préféré qu’elle soit monomanie de moi. Elle sonne donc chez les quelques personnes du rez-de-chaussée. Par malchance, j’habite tout au  fond du même couloir. Je me précipite pour ouvrir la porte. Je cherche la clé. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur. Il me reste quelques secondes, avant qu’un horrible monstre qui doit ressembler à Céline Dion ne me dévore la tête. J’ouvre à temps et on s’introduit assez rapidement dans mon appartement. Tout en apercevant la voix de Céline Dion qui nous traite de voyous. On en rigole jusqu’à en pleurer et elle me fait cette remarque que j’attends depuis la gare.  

-Tu ne m’as pas encore embrassé !!! Pourtant, j’ai mis le parfum qui empeste que tu m’as offert.

-En fait, comme c’est la première fois que tu viens ici. Tu dois subir un bisoutage.

-Un quoi ? Comment ? Elle prend cet air étonné qui me plait beaucoup chez elle et qui me fait craquer à chaque fois.

Je mets un CD dans la stéréo. Je sélectionne le morceau numéro 15 et j’appuie sur Play.

Une douce voix commence à émettre des enceintes.  

**Plus je t'embrasse**
**Plus j'aime t'embrasser !**

Je me rapproche de cet air étonné et je l’embrasse tout doucement, en me serrant contre elle,
**Plus je t'enlace**
**Plus j'aime t'enlacer !**

Je le serre dans mes bras, mais sans m’arrêter de l’embrasser,
**Le temps qui passe**
**Ne peut rien y changer**

J’entreprends le bisoutage par un baiser papillon,
**Mon cœur bat**
**Quand tu t'en vas,**

J’éparpille délicatement plein de baisers sur son visage,
**Mais tout va bien**
**Quand tu reviens, car**

**Plus je t'embrasse**
**Plus j'aime t'embrasser !**

Je n’oublie aucun endroit pour ne pas faire de jaloux,

**Je ne peux m'en lasser**
**J'en ai tell'ment envie**
**Que j'oublie tout dans la vie...**

On s’extrait lentement de notre cocon que sont nos habits,
**C'est insensé**
**C'que j'aim' t'embrasser !**

Tel un effet papillon, un simple baiser et nous nous sommes envoler.
**Plus tu m'aimes**
**plus je t'aime**
**et plus j'aime t'embrasser**

 

 

Marc.

 

 

Pour écouter le morceau :

http://www.deezer.com/fr/music/blossom-dearie/diva-225194#music/blossom-dearie/diva-225194

Sélectionner le morceau numéro 15. Bonne écoute…

 

Par Marc - Publié dans : Amour quand tu nous tiens - Communauté : parlons d'amour
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Jeudi 17 septembre 2009

 



Je suis là pour un moment ou deux, né en pleurant, maudissant ma présence sur terre. J’étais bien là-bas, certainement mieux qu’ici.

Qu'est-ce que je dois faire au juste ici ? Travailler toute ma vie, vivre pour travailler, travailler pour vivre, se faire sa petite place, se faire reconnaitre, sortir, s’amuser et rire, travailler plus pour gagner plus, encaisser cet argent pour le dépenser, manger, chier, boire, pisser, acheter, vendre, pour acheter, consommer encore et encore, grossir, rester mobile et s’exploser.

Non pas tout à fait, car faudra aimer, se faire jeter, embrasser, caresser, lui faire l’amour, se faire désirer, être aimé en retour, demander sa main, se marier le lendemain, divorcer le surlendemain ou rester ensemble si tout se passe bien, faire des enfants, acheter une grande maison, travailler dur et encore plus longtemps, dépenser plus et se reposer de temps en temps et essayer finalement de mourir dignement.

Je m’assois et je me repose. Je ne veux pas de tout cela. Je veux qu’on m’emmène loin de toute cette agitation. Prendre le premier train, le bus qui passe, marcher jusqu'à que le sol se dérobe sous mes pieds, se mouiller, nager et ne plus apercevoir la plage derrière moi. Vivre librement, me réveiller chaque matin dans un nouveau décor, une nouvelle ville. Ne pas comprendre ce que les gens me disent et essayer de deviner. Manger un plat inconnu, tomber malade et ne pas savoir ce qu’on a. Aimer une personne différente de vous en éducation, religieusement, culturellement, physiquement et plein d’autres mots qui finissent par ment. Je veux être là-bas, loin de tout ce tracas, tout ce stresse, toute ces déceptions. De cette hypocrisie qui nous entourent, de cet égoïsme qui nous rend sourd.

 

Emmenez-moi loin, loin d’eux, loin d’elle, loin de toi…

 


Marc

Par Marc - Publié dans : Bréves - Communauté : bons à rien mauvais en tout
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Mardi 15 septembre 2009

 


Des ballons collés au plafond, comme des insectes qui cherchent une échappatoire. J’ai toujours été fasciné, par ceux qui réussissaient à s’échapper des griffes d’une petite fille, ridiculement vêtue, tout en rouge. Une diablotine habillée en Petit Bateau. Les voir s’envoler toujours plus haut vers les nuages, gonflés par les pleurs de l’enfant, mais sans aucune rancune. Vers un lieu assurément paradisiaque, car aucun d’eux n’en est revenu.    

Alors que leurs congénères doivent s’amuser au football au paradis. Les présents, gonflés à l’hélium, jouent à la balle au prisonnier.

Quatre ballons pendus, qui attendent que leurs âmes soient inspirées. Entouré par quelques membres de ma famille, pour critiquer ce qui est diffusé à la télévision. Je passe ma main dans ma barbe d’un mois.

C’était un champ vierge, où elle cultivait avec amour chaque recoin, pour semait sans retenue ses doux baisers. J’ai en moi cette image, d’un agriculteur à genoux, marqué par l’effort. Qui plonge profondément ses mains dans cette terre qui le nourri, et il sourit d’avoir cette chance. C’est ce que je ressentais, lorsqu’elle éparpillait avec délicatesse ses lèvres sur mon visage. Mais depuis qu’elle est partie, ses plantes ont poussé d’une façon entremêlée, cherchant aveuglément, cette chaleur dont ils ont tant besoin. Je n’ai pas osé les raser, craignant que ses baisers se volatilisent pour l’éternité.

Chaque bourreau a sa victime entre les mains. Un bouche à bouche qui ne sauvera pas leurs vies, mais qui insufflera le rire et la bonne humeur en nous. Chacun son tour, a une voix déformée, les larmes coulent, les sourires s’étirent et les ballons sont morts de rires.

Les dépouilles posées sur la table s’en iront sans cérémonie d’adieu. Mais ils m’auront fait surgir un plaisant souvenir. Cette voix clownesque qu’il m’a procurée. Me rappelle un bon moment partagé avec elle, parmi tant d’autres.  

 

Viens approche toi, je vais te dire un petit secret. N’aies pas peur, je ne vais pas te manger même si j’en suis tenté. Ta peau dorée qui engorge le soleil de tout un été, d’une belle couleur pêche et d’un doux parfum qui frétille mes narines. Ton nez froid comme une glace à la vanille, tes lèvres brillent tel un coulis de framboise, tes yeux dessinés comme deux amandes effilées grillées. Il me reste qu’à mettre de la crème chantilly sur ma pêche melba et enfin, t’avoir comme dessert pour ce soir.

On se rapproche l’un de l’autre. Elle, attirée par la curiosité et moi, par l’avidité. J’enlace ses hanches avec mes bras tel un lest de quatre-vingt-cinq kilos, l’empêchant de s’envoler loin de moi. J’aime chez elle cette façon d’avoir toujours les pieds sur terre, mais souvent la tète dans les nuages, m’emmenant en tant que copilote dans son monde magique.  

Seuls. Six milliards de personnes viennent de disparaitre subitement. Rien que nous deux, uniques privilégiés de cet instant. Je me rapproche encore, j’entends mon souffle sur sa tempe et le sien qui accélère.

Je lui murmure des mots doux qui surgissent de l’intérieur. Tu es belle, je me sens bien avec toi, tu me fais du bien, j’aime beaucoup ta nouvelle coupe de cheveux. Garde bien en toi ce secret, car tu es la première personne à qui je le confie. Si quelqu’un essaye de te l’arracher, n’oublie pas d’avaler immédiatement du cyanure. Elle voit que je suis nerveux, car je commence à débiter des bêtises.

J’attrape le ballon qui vole près de nous, en forme de cœur. Je le lui ai offert, car un jour elle m’avait déclaré d’avoir volé son cœur. J’inspire profondément l’âme du ballon et avec une voix de dessin animé, je lui murmure : je t’aime...

 

 

 

 

Marc

 

Par Marc - Publié dans : Amour quand tu nous tiens - Communauté : parlons d'amour
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Dimanche 12 juillet 2009


 

 

Ce qu’on croit être l’amour ne l’est pas vraiment ou bien il n'est que surestimé et exagéré.

Prenant par exemple, la définition simpliste de celui-ci : Sentiment qui nous entraîne vers un être, vers une chose. Donc d’après cette définition, je tombe amoureux tous les jours. D’un beau t-shirt, un appareil photo performant, un beau sourire, un corps bien dessiné. Mais voilà, l’amour n’est qu’un acte égoïste, un besoin d’acquérir cet objet ou cette personne pour se satisfaire personnellement.

On aime une personne, car elle nous aime ou qu’on lui plait. Qu’on rentre à ce moment-là dans ses critères, on attendant mieux, elle reste avec nous pour ne pas se sentir seule. Et pour être délibérément vulgaire, si on pense dans les deux sens du terme : nous sommes tous des bouche-trous. Je n’écris pas cela pour être antipathique ou briser ce sacré Graal qui est l’amour. Pourquoi au cours de notre vie, tombons-nous amoureux plusieurs fois ? Et pourquoi les gens divorcent tant que ça, s’ils étaient aussi sûr de leur amour ? Je vais y répondre rapidement, sans laisser installer un moment de suspens, ou d’intrigue ou autres sortes de détournement de situation à la Hitchcock… parce qu'ils tombent lors d’une hasardeuse rencontre sur une personne meilleure que l’actuelle, ou bien que la routine s’installe et l’être humain préfère la nouveauté, ou tout simplement l’un des deux c’était trompé dans son choix (ah !! je ne savais que t’étais comme ça…). Ce qui peut malheureusement arriver à tout le monde. Il y a certainement d’autres raisons que je ne pourrais pas les citer. Car étant inexpérimenté dans la matière et c’est ce que vous avez dû remarquer.

Tout cela bien sûr, n’est que constat. On ne parle plus d’amour, mais de sexe. Tu m’attires physiquement alors je suis affectueux avec toi. On ne parle plus d’amour, mais d’argent. Ta belle villa m’intéresse alors je suis à toi. On ne parle plus d’amour, mais de compagnie. Je suis seule. Cela tombe bien, toi aussi tu es toute seule. On ne parle plus d’amour, mais de contrepartie. Mais d’image de soi. Mais du verre en trop de whisky. Mais de la pression de la famille. Mais, mais, mais…

Vous allez me dire : il y a bien des personnes qui s’aiment d’un véritable amour. Tout à d’abord, je vous félicite d’avoir pu arriver jusque-là. À votre place, j’aurai arrêté dés la première phrase. Ensuite, je reviens à votre phrase. Qu'est-ce que le grand Amour ? Un mythe plongé dans un lac avec un certain Nessy ? Un terme qui permet de se sentir privilégié et supérieur aux autres ? Le grand amour est un conte de fées pour adultes afin de se rassurer. Dés l’enfance, on évite de nous parler de cet amour. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Le père chassant des dragons toute la semaine. La mère élevant les enfants et la migraine. Et l’amour dans tout ça ? Bah non, heureux chacun dans leurs coins.

J’étais comme vous, je pensais être amoureux. Cette envie impérissable de la voir, de l’écouter, de lui parler. D’être constamment à ses côtés, dessus, dessous. J’étais prêt à lui offrir mes deux reins, mon foie, mes poumons et surtout mon cœur. C’était la plus importante personne dans ma vie, car nous nous sommes choisis. Est-ce la première fois ? Un certain déjà vu ? N’ai-je pas prononcé les mêmes paroles ? Les mêmes compliments ? Le même disque qui tourne, mais la cavalière a changé ? N’ai-je pas cru que celle-ci était la bonne, l’unique, la femme du restant de ma vie ? J’ai bien profité des bons moments passés et partagé avec elle, mais qu’on ne me parle pas d’amour, car l’amour n’existe pas…      

 

Par Marc - Publié dans : Nouvelles - Communauté : parlons d'amour
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